A Nantes le graffiti est un art !

MOP Nantes | Ivan Laforge | Moppé le 13/06/2012 à 23:45 | Mis à jour le 20/06/2012 à 16:45
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Ces dernières semaines vous avez sans doute croisé, au détour d’une rue nantaise, des graffeurs en train de s’adonner à leur art. Mais comment cela se fait qu’autant de graffs voire de fresques apparaissent sur les murs de Nantes ?

A Nantes le graffiti est un art !


Loin des milieux underground et de leurs aspects illégaux, les graffs qui sont apparus depuis un mois dans Nantes, font partis d’un projet bien murit. Over The Wall est l'un des évènements du « Voyage à Nantes » (Eh oui ! Encore lui) et est porté par deux associations. La première, Pick Up Production, que vous connaissez peut-être à travers les Hip opsession, s’occupe de la partie organisation logistique. La deuxième, +2couleurs, s’est chargée de la direction artistique.
Ces deux associations ont répondu à un appel à projet du « Voyage à Nantes ». Le principe d’Over The Wall est de faire sortir le graffiti de son milieu habituel, de l’amener un peu plus vers le grand public.

J’ai rencontré Antoine Sirizzotti, chargé de projet chez +2couleurs, pour en savoir un peu plus sur Over the Wall.

MOP : Depuis combien de temps êtes-vous sur ce projet ?
Antoine S. : « Le projet s’est monté en assez peu de temps. On a eu la réponse de l’appel à projet en janvier. Après, il a fallu tout organiser pour que ce soit terminé le 15 juin. On a commencé le premier graff il y a un peu moins d’un mois sur le Lieu Unique ».

MOP : Ça fait peu de temps pour monter un tel projet, comment avez-vous choisi ceux qui allaient y participer ?
Antoine S. : « A partir de là, c’est un marathon qui a commencé. Il a fallu sélectionner la trentaine de graffeurs qui participent au projet. C’est de loin ce qui a été le moins compliqué. C’est une super opportunité pour un graffeur de participer à un tel projet. Nantais ou pas, on a quand même choisi des artistes qui avaient un lien avec la ville».

MOP : Comment avez-vous choisi tous vos spots ?
Antoine S. :« Il a fallu faire du repérage, demander les autorisations à la mairie. Puis rencontrer les propriétaires des différents lieux, pour les convaincre de nous laisser peindre sur leurs bâtiments. Pour finir nous avons rencontré les habitants, quand le spot était dans un lieu habités, pour les familiariser avec le projet et leur expliquer comment ça allait se passer. Au début, on a eu des réactions un peu négatives. Certains avaient peur que l’on fasse du bruit ! Au final le courant est bien passé avec les habitants, on se fait même régulièrement payer des cafés pendant qu’on peint ».

MOP : Avez-vous eu des restrictions de la part de la ville de Nantes ou du « Voyage à Nantes » ?
Antoine S. :« Absolument aucune, ils nous ont vraiment laissé carte blanche pour faire ce qu'on voulait. La seule contrainte que l’on avait, c’était que les spots se trouve sur le trajet du « Voyage à Nantes » et qu’ils n'interfèrent pas avec d’autres lieux de l’évènement ».

MOP : Y aura-t-il des graffeurs présents sur les lieux des graffs, pour expliquer au public ce que vous avez voulu représenter ?
Antoine S. : «On a d’autres projets de prévus pour cet été. Par contre des cartels géants seront installés devant chaque spots pour que le public comprenne un peu chaque univers et qu’il puisse décrypter chaque graff. Après tout ne sera pas expliqué, y’a aussi une part d’improvisation dans chaque œuvre. Le public y verra ce qu’il voudra».

MOP : Les graffitis vont-ils rester après les 2 mois d’Over the Wall ?
Antoine S. : « Non, ils vont quasiment tous disparaitre. Avant de commencer à graffer on a passé une couche de cire spéciale sur le mur pour que la peinture parte plus facilement. Il n’y a que celui qui est à côté de la grue Titan grise qui devrait rester et ceux sur l’usine Alstom. Mais l'usine devrait être détruite d’ici un an. A priori un ou deux commerçants de Bouffay vont garder leurs stores mais c’est tout ».

MOP : Ce n’est pas un frustrant de voir tout ça effacer au bout de deux mois ?
Antoine S. : « Si évidemment on aurait bien aimé que ça reste un plus longtemps (un ou deux an), mais c’est déjà une super opportunité de pouvoir faire ça ».

Si vous voulez voir à quoi ressemble tous ces graffs vous pouvez aller faire un tour sur le site d'Over the Wall ou sur notre page Facebook. Le mieux c'est quand même d'admirer ces oeuvres d'art en vrai, pour vous rendre compte de l'ampleur du travail de ces artistes de rue. Maintenant à vous de trouver où elles se cachent !

Source : Ivan Laforge

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