Scopitone 2012 à Nantes : DJ et art visuel

MOP Nantes | Ivan Laforge | Moppé le 28/09/2012 à 16:12 | Mis à jour le 19/10/2012 à 17:11
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Pour bon nombre de gens, un concert de DJ se résume à une ou plusieurs personnes derrières des platines qui passent de la musique. Il faut avouer que c’est souvent le cas et visuellement ça n’a rien de très attrayant. Depuis quelques temps, ces pratiques évoluent et de plus en plus de DJ développent l’aspect visuel de leurs live. Nous en avons eu de bons exemples le week-end dernier à Nantes avec le festival Scopitone.

Scopitone 2012 à Nantes : DJ et art visuel

 
Je ne suis pas expert en la matière, mais il me semble que les premiers grands noms de la techno à se préoccuper de leur prestation scénique ont sans doute été Daft Punk et Dr Lektroluv, suivi quelques années plus tard par DeadMau5. Par leurs masques, plutôt excentriques, ils se sont démarqués des autres en se rendant reconnaissable. En 2007, Daft Punk (encore) et Etienne de Crécy sont allés beaucoup plus loin en proposant au public, en plus d’un spectacle musical, un vrai show visuel. La première fois que j’ai vu le cube sur scène, ça m’a mis une vrai claque !
 
Ces projets ont depuis fait des émules. Dès 2008, Birdy Nam Nam, pour la tournée de son album "Manual for a successful rioting", installait des écrans à LED en fond de scène ainsi que devant ses platines. Dans les années qui suivent plusieurs collaborations, entre DJ et artistes vidéastes, se mettent en place, à l’instar de Mondkopf/Trafik ou Murcof/AntiVJ. En 2012, un projet a beaucoup fait parler de lui : « a live Odyssey » de Don Rimini. Le show est axé sur un monolithe de 4 mètres de haut sur lequel est juché le DJ, en plus de cela un écran à LED habille la totalité du fond de scène. Le public nantais de Scopitone 2012 a pu apprécier le spectacle, lors de la soirée du samedi soir dans la Friche Electro. La mise en scène est vraiment impressionnante, le DJ est quasiment invisible au milieu de la structure. Regarder un DJ mixé n’a rien de très passionnant, ici on aperçoit à peine ça tête. Il s’efface dans le décor, pour laisser place à l’image qui sert ça musique. Grâce au visuel, on est totallement immergé, voir hypnotisé par ces successions de formes géométriques qui dansent sous nos yeux. Le résultat est très efficace, ça a complètement dynamité le public de Scopitone.
 
Dans un genre différent, le soir précédent les nantais de C2C ont montré au public de Scopitone comment on pouvait, en même temps, scratcher des images et du son. Ce genre de performance laisse moins la part à l’improvisation que des lives classiques, mais je trouve que le résultat apporte énormément à la prestation scénique de l’artiste. A condition bien sûr que les DJ ne reposent pas leur show uniquement sur le visuel. D’ailleurs, les organisateurs de Scopitone l’ont bien compris en laissant une place importante aux arts numériques pendant le festival. L’installation de Nature Graphique, sur une des scènes de la Friche Electro, a parfaitement décoré les murs de l’ancienne Hall Alstom pendant les deux derniers soirs du festival.

Le public vient à des concert pour écouter de la musique, mais ces collaborations y apporte une autre dimension. Il y a fort à parier que dans les années à venir ce type de collaborations, entre arts numériques et djing, se multiplent, pour le plus grand plaisir de nos yeux et nos oreilles.

Crédit photo : Florian Margry

Source : Ivan Laforge

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