Tartuffe, un Molière revisité au GrandT à Nantes

MOP Nantes | angelabeuz | Moppé le 02/03/2012 à 14:22 | Mis à jour le 08/03/2012 à 18:10
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Ce soir au Grand T, dernière représentation de Tartuffe, une des oeuvres majeures de Molière, abordée admirablement par Éric Lacascade...

Tartuffe, un Molière revisité au GrandT à Nantes


Après avoir mis en scène Shakespeare, Tchekhov, Sophocle, Kleist ou encore Ibsen, Lacascade s'attaque à Molière pour la première fois en trente ans de carrière. Ce metteur en scène lillois, habitué du Festival d'Avignon, est très particulièrement recherché parmi les professionnels de sa génération. Parmi les oeuvres de Jean-Baptiste Poquelin, Lacascade a choisi de revisiter Tartuffe, une pièce de théâtre qui a provoqué le "courroux" de l'église, qui obtint son interdiction pendant cinq ans jusqu'en 1669.

Pourquoi voir et revoir Molière, simplement parce qu'il s'agit du "grand répertoire" de la littérature française ? Je dirais oui, bien sûr, mais aussi et surtout pour deux autres raisons. La première, parce que dans Tartuffe Molière dénonce les mariages forcés, le conformisme, le libertinage et le fanatisme religieux, caractéristiques de la société du XVIIème siècle. Mais aussi l'hypocrisie, les tensions familiales, les passions et le conformisme, fléaux encore et toujours bien connus de nos jours. La deuxième raison qui justifie de se déplacer au Grand T ce soir, c'est d'assister à une nouvelle approche de Tartuffe, grâce à la mise en scène contemporaine de Lacascade, animée par un travail d'acteurs très physique, des jeux de scène astucieux et un rythme frénétique qui ne vous permettra pas de vous ennuyer malgré les deux heures quinze de spectacle. La scénographie toute en bois, sur deux étages, est particulièrement mise en valeur lors des jeux de scène avec l'escalier central mobile et lors de l'arrivée en scène de Tartuffe, accompagnée d'une lumière expressive.  



Tartuffe manipule la famille d'Orgon sous ses allures de faux dévot. Son jeu de séduction est tel, qu'il amènera Orgon à déshériter ses enfants au profit de son imposture. Lacascade a mis en relief tout l'aspect comique de cette pièce, effaçant son côté dramatique. Le metteur en scène interprète lui-même Tartuffe et sait imposer au public le caractère décisif, libertin et perfide du personnage. Jérôme Bidaux, lui, interprète Orgon d'une façon spectaculaire, le registre comique et bouffon du père de famille est souvent hilarant et nous a rappelé Louis de Funès à maintes reprises ! Quant aux comédiennes, elles ont l'air de danseuses de Pina Bausch tant leur agilité, jeux de jambes et cambrés sont élégants. L'élocution de la soubrette impertinente et clairvoyante, interprétée par Laure Werckmann, est parfois un peu trop rapide pour saisir toute la subtilité de ses alexandrins. Cette difficulté linguistique est pourtant souverainement surmontée par l'italienne Daria Lippi, Elmire, la femme d'Orgon. Le dénouement final est également très réussi avec l'arrivée du Prince "sauveur".  

Le public, jeunes lycéens, adultes nantais et venus d'ailleurs (nous avons vu un autocar venu d'Angers pour l'occasion) a chaleureusement applaudi l'équipe artistique sur scène. Je vous conseille de réserver votre place et vérifier que le théâtre n'affiche pas complet ! Si vous allez au GrandT voir ou revoir Molière ce soir, ne manquez pas de nous faire part de vos commentaires...

Source : GrandT, Gwen Bretagne

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