"La voix endormie", cinéma espagnol au Katorza à Nantes

MOP Nantes | angelabeuz | Moppé le 19/03/2012 à 11:15 | Mis à jour le 22/03/2012 à 17:09
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Le réalisateur de Séville, Benito Zambrano, a ému les nantais présents au Katorza samedi soir, avec son dernier long-métrage "La voix endormie"...


Ne vous fiez pas systématiquement aux critiques de cinéma, même si elles sont au nom de grands journaux comme El País (C. Boyero) ou La Vanguardia (J. Batlle). Jugez plutôt par vous même si un film mérite d'être vu ou non. Il est vrai que ce n'est pas évident d'aborder un sujet déjà traité par tellement d'autres films. Mais Benito Zambrano, réalisateur du film "Solas", ne lit pas les critiques, car il s'intéresse surtout aux réactions du public... Et c'est ce que j'ai remarqué samedi soir. En effet, une salle comble au Katorza, où même notre maire Jean-Marc Ayrault était confortablement installé, a terminé par applaudir à l'unisson après la projection de "La voix endormie", un portrait poignant de la guerre civile espagnole.

"La voix endormie" se passe entre 1936 et 1939, lorsque Francisco Franco, dictateur soutenu internationalement par Hitler, Mussolini et Salazar, arrive au pouvoir en Espagne. La résistance des communistes "rouges" encouragés par les mouvements stalinistes et autres partis communistes internationaux fait rage. C'est alors que la guerre civile éclate, divisant les franquistes des "rouges". Les premiers jouissent de la complicité cruelle de l'Eglise catholique, alors que les seconds sont voués à être vaincus avant qu'éclate la deuxième guerre mondiale. Ne pensez pas que cette époque est lointaine, car Franco est malheureusement resté au pouvoir jusqu'en 1975. Et même après sa mort, le PP, parti populaire fondé par le dernier ministre de l'intérieur de Franco, a pris la relève par l'intermédiaire de José Maria Aznar au pouvoir de 1996 à 2004 et Mariano Rajoy, récemment victorieux depuis les élections législatives de 2011 à Madrid. Le côté sombre de la barbarie du franquisme est encore et toujours présent en Espagne aujourd'hui. C'est pourquoi le film de Benito Zambrano mérite d'être vu par les nantais.

Le réalisateur sévillan a basé son script sur le roman de Dulce Chacón et s'est doté d'un casting excellent. "La voix endormie" a été conçue pour exhiber la cruauté que toutes ces femmes espagnoles ont dû subir, au nom des supposées "trahisons" qu'elles avaient commises, pendant la guerre civile au nom du parti communiste. María León, jeune actrice de 27 ans, est l'une de ces femmes. Elle a d'ailleurs remporté la Concha de Plata de la meilleure actrice, le Goya 2012 du Meilleur Espoir Féminin et le prix d'Interprétation Féminine au Festival International de San Sebastián. À ses côtés, Inma Cuesta,  Goya de la meilleure actrice, brille non seulement par son interprétation, mais aussi par les chants andalous. Elle les murmure en nous remuant les entrailles jusqu'à l'apothéose finale au moment où elle crie "Viva la República" (Vive la République). Les moments d'angoisse qu'ont subit les spectateurs du Katorza ont heureusement été partiellement soulagés par les propos parfois hilarants de Pepita (María León) et l'histoire d'amour qu'elle va tout de même réussir à vivre...

Si vous voulez voir un film retraçant la mémoire historique espagnole et primé plusieurs fois, alors je vous le recommande "La voix endormie" ("La voz dormida") au Katorza. Vous pourrez même voter afin de contribuer, ou non, à la reprise de ce film lors de la remise des prix à la fin du Festival de cinéma espagnol à Nantes.
Si vous avez particpé à une scéance du festival et que vous voullez en parler n'hésiter pas à le faire sur mopnantes.fr.


Source : Katorza, La voix endormie, Gwen Bretagne

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