Meurtre de Marion à Bouguenais : les bracelets électroniques sont-ils fiables ?

MOP Nantes | Caroline Pajot | Moppé le 27/03/2012 à 11:28 | Mis à jour le 28/03/2012 à 16:21
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Au lendemain des obsèques de Marion, agressée sauvagement la semaine dernière à Bouguenais dans la région nantaise, le doute perdure encore. Peu après son assassinat, on apprenait que le présumé coupable s’était débarrassé de son bracelet électronique quelques jours plus tôt. Comment est-ce possible ? Aucune explication n’a été communiquée aux médias. Rien ne nous empêche cependant de faire le point sur le fonctionnement des bracelets électroniques.

Meurtre de Marion à Bouguenais : les bracelets électroniques sont-ils fiables ?


Pour qui ?
Le bracelet électronique est une alternative à l’incarcération qui vise à faciliter la réinsertion du détenu (en lui permettant de travailler par exemple) tout en allégeant la population carcérale. Il est proposé dans trois cas : quand l’individu est en attente de jugement, lorsqu’il bénéficie d’un aménagement de peine, ou encore à la fin de sa peine d’emprisonnement  (au maximum 2 ans). Le dispositif vise notamment les condamnés pour des crimes tels que les viols, les agressions sexuelles, ou encore le trafic de stupéfiants dont la peine est inférieure ou égale à 7 ans. Le présumé assasin de Marion, lui, avait été condamné pour cambriolage et vols divers. Avant d’être placés sous dispositif électronique, les condamnés font l’objet d’une analyse psychiatrique.

Comment ça marche ?
 Le bracelet électronique contient un émetteur, relié à la ligne téléphonique de l’individu (qui constitue donc le récepteur). L’émetteur envoie fréquemment des signaux au boîtier récepteur. Lorsque le signal reçu est trop faible, ou inexistant durant les heures où l’individu devrait se trouver chez lui, une alarme est immédiatement envoyée au centre de surveillance. Un surveillant appelle alors le détenu pour savoir si l’absence est justifiée (par exemple, un voyage aux urgences, avec justificatif à l’appui). Si l’absence est définie comme irrégulière, le tribunal de grande instance et le juge d’application des peines en sont informés, et le tribunal peut déclencher l’intervention des services de gendarmerie ou de police.
L’alarme ne se déclenche que si l’individu ne respecte pas ses horaires d’assignation à résidence. En dehors de ces horaires, il est libre de ses mouvements. Cependant il est possible de programmer le bracelet émetteur pour empêcher l’accès aux écoles primaires ou crèches si le condamné a commis des agressions sexuelles sur mineurs par exemple.  
Les horaires d’assignations peuvent être aménagées si le porteur du bracelet a un emploi, selon la décision du juge d’application des peines. Dans la plupart des cas, le porteur dispose de trois heures de sortie par jour.
Que s'est-il passé dans le cas de Marion à Bouguenais ? L'agresseur se serait débarrassé de son bracelet trois jours avant le meurtre : il a donc fait l'objet d'un mandat d'arrêt, mais la police n'a pas pu le retrouver.

Le bracelet en chiffres
Le bracelet électronique permet aux individus de maintenir leurs liens familiaux ainsi que de se réinsérer dans le monde du travail. Mais c’est aussi une histoire de coût : le ministère de la justice nous informe que le coût journalier d’un placement sous surveillance électronique s’élève à 11,89 euros, alors qu’une journée en prison coûte 83,86 euros. En juin 2011, le nombre de porteurs s’élevait à 7 645.

Et vous, pensez-vous que les bracelets électroniques sont assez fiables ?

Source : justice.gouv.fr, prison.eu.org, lien-social.com

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