Un emploi d'EVS menacé dans une école de Nantes.

MOP Nantes | Ivan Laforge | Moppé le 27/06/2012 à 15:38 | Mis à jour le 28/06/2012 à 18:01
Intérêts :
Partagez :

En écho à la grève des professeurs qui a eu lieu mardi 26 juin, des parents d’élèves de l’ école Longchamp de Nantes ont aussi voulu faire entendre leurs revendications par rapport aux suppressions de postes dans l’éducation nationale.

Un emploi d'EVS menacé dans une école de Nantes.


La cause de leur colère, la suppression d’un Emploi de Vie Scolaire (EVS). J’ai rencontré Hervé Vinçoneau, un des parents d’élèves qui siège au conseil d’école, pour en savoir plus sur cette mobilisation. Il m’explique que Fabienne Verron occupe ce poste depuis 3 ans. Elle est en charge de la BCD, c’est elle qui s’occupe d’appeler les parents lorsqu’un enfant est malade. Il y a 4 enfants handicapés dans cet établissement, elle est chargée de les aider pour qu’ils puissent suivre le même enseignement que leurs camarades. Elle effectue aussi des tâches administratives comme la commande de manuels scolaires par exemple.

L’école Longchamp (primaire et maternelle) compte 447 élèves pour 16 classes, soit plus que le collège Talence qui se situe juste à côté. Pour coordonner tous ces petits nantais un seul directeur. Que ce soit pour les professeurs ou les parents d’élèves, ce poste d’EVS leur paraient indispensable pour le bon fonctionnement de l’école. L’ancien gouvernement avait décidé de ne pas renouveler la plupart de ces emplois pour la rentrée 2012. En grande partie pour de raisons budgétaires.
Mais les parents ne sont pas de cet avis. Depuis quelques temps, ils se sont mobilisés pour maintenir le poste de Fabienne Verron en place. Ils ont commencé par écrire une lettre à la direction de l’académique de Nantes. Suite à la période d’élection, ils ont interpellé les élus sur cette question de suppression des emplois de vie scolaire. Ils ont obtenu le soutien du député François de Rugy (député de la circonscription sur laquelle se trouve l’école) ainsi que celui de l’adjointe à l’éducation jeunesse de la ville de Nantes. Après une absence de réponse de l’académie, ils ont mis en place une pétition. En une journée, environ 300 parents de l’école l'ont signée.

Avec le changement de gouvernement, toute l’école espérait un revirement de situation. Mais pour l’instant c’est le silence radio. Le contrat de Fabienne Verron se termine le 29 juin et elle ne sait toujours pas si elle sera reconduite l’année prochaine. Elle me confie, non sans émotions, que sa situation est très difficile. «Cela fait trois ans que je m’implique dans cette école. J’ai fait un gros travail dans la BCD et tout le monde est content de moi. Aussi bien les enfants que les professeurs. Vu que j’ai plus de 50 ans je pourrais être prolongée d’au moins un an. J’ai demandé plusieurs fois qu’on me donne une réponse précise sur le devenir de mon emploi. A chaque fois, la réponse est reportée à plus tard. La dernière fois, on ma dit qu’ils verraient ça en septembre. C’est très pénalisant de ne pas savoir, ne serait-ce que pour la recherche éventuelle d’un autre emploi». Elle m’explique aussi que l'académie nantaise pourrait éventuellement reprendre quelqu’un d’autre à sa place, si le poste d'EVS était reconduit. « Il n’y aucune continuité, avant moi une autre personne occupait ma place, au bout de trois ans elle est parti et j’ai dû me former toute seule quand je suis arrivée ».

Hervé Vinçoneau m'indique qu'ils ne sont pas la seule école de Nantes à se mobiliser pour le maintien des EVS. La Mulotière et Jean Perrin (Rezé) seraient dans le même cas. On peut se demander pourquoi l’Etat utilise ce genre d’emplois précaires alors que beaucoup d’écoles manquent de personnels pour assurer une qualité d’enseignement correcte. Ne serait-il pas plus judicieux de pérenniser ces postes avec des CDI ?


Les Emplois des Vie Scolaire (EVS) sont des personnes qui travaillent au sein de l’école, ils sont là pour aider le personnel enseignants. Leurs tâches peuvent être multiples : accompagnement d’élèves handicapés pendant les temps de classe, aide administrative, animation d’activités culturelles ou des bibliothèques scolaires. Ces emplois sont des contrats aidés mis en place par l’Etat. Ce sont des CDD (2 ans) à temps partiel (26h) qui sont censés accompagner des personnes, bénéficiant des minimas sociaux, à retrouver un emploi. Ces contrats peuvent être prolongés d’un ou trois ans dans certain cas.


Source : Ivan Laforge

Commentaires

Le 27/06 à 19:14 : Une fois de plus, hélas, nous avons la démonstration que les contrats aidés (les premiers sont apparus lorsque M. Balladur était Premier Ministre) sont de la poudre aux yeux, mais de la poudre qui pique. Ces contrats sont censés permettre à des personnes en insertion professionnelle de trouver un emploi et que trouvent-t-elles en fin de contrat ? Un autre contrat aidé, au mieux un emploi précaire, au pire de nouveau le chômage. Ce fait existe depuis des décennies. Comment peut-on leurrer les gens en leur faisant miroiter un emploi à la fin de ces contrats aidés, alors que les emplois pérennes sont supprimés et justement un peu compensés par ces contrats aidés. En fait c’est juste de la poudre aux yeux (qui pique) pour masquer les chiffres réels du chômage et dans le cas présent, la « casse » de l’Éducation Nationale, menée par le gouvernement précédent.