Grève de la CGT pour la protection sociale à Nantes.

MOP Nantes | Ivan Laforge | Moppé le 29/03/2012 à 17:11 | Mis à jour le 02/04/2012 à 10:46
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Ce jeudi 29 mars, des militants de la CGT se sont rassemblés sur la place de Bretagne à Nantes. Je suis allé les voir pour mieux comprendre les raisons de cette grève.

Grève de la CGT pour la protection sociale à Nantes.


Parmi les quelques centaines de personnes présentes Cécile Goarant, responsable du secteur santé et action sociale de la CGT de Loire Atlantique, m’a apporté des précisions sur les revendications. Elle m’indique que l’Etat restreint de plus en plus les moyens des organismes sociaux. Le gouvernement partirait du postulat qu’il n’y a plus d’argent pour financer le fonctionnement de ces organismes. Selon elle c’est uniquement un choix du gouvernement qui a décidé de réduire considérablement les crédits alloués à la protection sociale et aux soins public.

 Il y aurait aussi une volonté du gouvernement d’opposer régulièrement le secteur public et privé. Les établissements privés n’accorderaient de l’importance qu’aux actes rentables et délaisseraient les autres. Cela aurait des conséquences directes sur l’accessibilité et  la qualité des soins. Cécile Goarant qui travaille dans un centre hospitalier, à proximité de Nantes, m’indique la réapparition de vieilles maladies telles que la rougeole et la tuberculose. « Ces maladies réapparaissent uniquement à cause du manque de soin et des mauvaises conditions de logement de certaines personnes.

Ensuite j’ai pu interroger Jean-Yves Lehuede, responsable départemental de la section organismes sociaux à la CGT. Il m’a dressé un portrait peu reluisant ces différents organismes (Pôle Emploi, CPAM, CRAM,…). « Nous sommes en grève pour reconquérir la protection sociale. Selon lui il y aurait deux types d’attaque de la protection sociale en France.
La première serait extérieure. « Les propositions de financement ne sont pas adapté. La TVA sociale est injuste, les personnes les plus défavorisées seront les premières touchées par cette taxe. Pour nous la protection sociale devrait être uniquement financée par les prélèvements sur les salaires. »
La deuxième attaque viendrait de l’intérieur. « Il y a une dégradation des conditions d’accueil dans les organisme de protection sociale. On observe une diminution des horaires d’ouverture ou tout simplement des fermetures de permacences dans certaines villes. Mais les capacités d’accueil se dégradent aussi à cause du manque de personnel, dû au non remplacement des départs en retraite.»
Je suis aussi allé à la rencontre des autres grévistes présentent à cette manifestation nantaise. Deux employées de Pôle emploi de Nantes m’ont affirmé que les conditions d’accueil des demandeurs d’emplois s’étaient considérablement détériorées. « Les employés d’accueil sont souvent en CDD ou en contrat aidé. On ne les forme qu’une semaine avant de les mettre en contact avec les demandeurs d’emploi. Ça les place dans des conditions de stress. »

En fin de matinée une délégation de la CGT devait être reçue à la préfecture pour faire entendre leurs revendications.  

Source : Ivan Laforge

Commentaires

Le 29/03 à 18:49 : Le « social » (protection, action, prévention) et donc l’humain, ne peut être géré comme une entreprise qui produit des biens et des services. La notion de rentabilité est difficilement mesurable, il serait plus judicieux de parler de rationalisations des organisations et des moyens pour les adapter au mieux des besoins. Bien évidement la « TVA » dite sociale outre qu’elle est inégalitaire, n’est pas la solution. Il est bien des produits, générateurs de plus value, qui pourraient être taxés de façon plus égalitaire. Un service public n’est pas qu’un bouffe fric et souvent même le contraire. Tout n’est qu’une question de regard idéologique et surtout pas en premier, économique. Me trompais-Je ?