Grève des professeurs à Nantes

MOP Nantes | Timothée Franc | Moppé le 26/06/2012 à 11:20 | Mis à jour le 28/06/2012 à 13:07
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Un mouvement de grève des enseignants se propage aujourd’hui dans certains établissements nantais. A l’origine de ce mécontentement, les fermetures de classe et la diminution des effectifs de vie scolaire. Dans certaines écoles, un service minimum d’accueil a été mis en place.

Grève des professeurs à Nantes


Les syndicats s’agitent en raison d’une rentrée prochaine qui s’annonce d’ores et déjà douloureuse pour le corps enseignant : 14000 suppressions de postes prévues à la rentrée 2012, sur lesquelles François Hollande a promis de revenir, lui qui fait de l’éducation une dimension fondamentale de sa politique nationale. Une promesse qui semble de plus en plus incertaine à l'égard des flottements actuels dans l'établissement du budget 2013, sur lequel Jean-Marc Ayraul, Premier Ministre et ancien Maire de Nantes, se casse désespérément la tête. Et pour battre le fer tant qu’il est chaud, la grève des enseignants proteste également contre le projet de réforme de l’évaluation des professeurs. Luc Châtel, ancien Ministre de l’Education Nationale sous Nicolas Sarkozy, avait émis l'idée que seul le chef d’établissement devrait être habilité à noter ses professeurs et cela tous les trois ans, lors d’entretiens qui détermineraient l’évolution du salaire. Si les syndicats « réformistes » accueillent mieux ce changement (SE-Unsa, Sgen-CFDT), il n’en est rien pour les autres organisations (Snes-FSU, FO, Snalc), qui y voient une dégradation de la reconnaissance en qualité de professeur.

En effet, encore actuellement les professeurs bénéficient d’une double-notation, administrative par le chef d’établissement et surtout pédagogique par un inspecteur régional formé dans la spécialité du cours qu’il doit juger. Réduire l’évaluation à l’administratif, ou confier l’évaluation pédagogique à quelqu’un qui n’en détient absolument pas le savoir, peut ainsi constituer un manque de respect vis-à-vis des professeurs, voire même des élèves, dont le bon enseignement dépend grandement de la pédagogie du professeur… Mais si on ne l’évalue plus ?
Supprimer la pédagogie, en voilà une bien pauvre économie ! Heureusement, la ville de Nantes conserve quant à elle la tête sur les épaules et, comme la loi l’oblige, assure un service minimum d’accueil pour les établissements dont le taux de grévistes est supérieur à 25%. Il concerne les écoles primaires Alain-Fournier, Louise-Michel, Sully et l’école maternelle Camille Claudel, qui sera elle totalement fermée. Une situation qui pourrait bien se répéter à la rentrée, en attendant que le nouveau gouvernement ne tienne ses promesses électorales.

 

Source : Timothée Franc, Ouest-France, France3, Le Parisien

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