Second tour des élections législatives 2012 à Nantes

MOP Nantes | Timothée Franc | Moppé le 18/06/2012 à 13:00 | Mis à jour le 25/06/2012 à 11:43
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Six semaines après la victoire de François Hollande à la présidentielle, le Parti Socialiste réédite la performance de Mitterrand en 1981 et décroche la majorité absolue à l'Assemblée, disposant alors de la majorité des outils institutionnels pour mener à bien les réformes du changement. L'UMP enregistre une importante défaite, le FN retrouve deux sièges à l'hémicycle, tandis que seul le bémol du soldat Royal pâlit quelque peu la vague rose. Dans les cinq premières circonscriptions nantaises, la Gauche rafle tout.

Second tour des élections législatives 2012 à Nantes


Certitudes et points d'interrogation

A la veille du second tour des élections législatives, s'il restait 541 sièges à attribuer, personne ne pouvait réellement s'illusionner avec un renversement de vapeur. D'après les chiffres officiels du Ministère de l'Intérieur, le Parti Socialiste obtient 314 sièges avec les radicaux de gauche, le divers gauche et les chevènementistes. En confirmant de manière appuyée l'alternance désirée, les Français accordent au nouveau gouvernement la possibilité de diriger le pays sans l'obligation de consulter l'avis écologiste ou les opinions du Front de Gauche. Efficacité accrue pour les mesures du PS ou anémie républicaine? Si beaucoup pensent aujourd'hui que l'introduction d'une part de proportionnelles aux législatives serait légitime d'un point de vue démocratique, la majorité absolue accordée au Président de la République est toutefois le témoin de la compréhension pérenne par les Français des principes de la Vème République souhaités par le Général De Gaulle, où le Président se devrait de disposer des pouvoirs institutionnels pour l'intérêt du pays.

Avec seulement 229 sièges, soit 100 de moins qu'en 2007, François Fillon reconnaît la «sévère défaite» de l'UMP. Nadine Morano, «victime» du canular de l'«affreux militant socialiste» Gérald Dahan en milieu de semaine, lors duquel elle flirte dangereusement avec les idées FN, tombe à Toul, tout comme Alliot-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques ou l'ancien fidèle bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, qui perd dans les Hauts-de-Seine. Sa défaite est le symbole des réorientations que s'apprête à vivre l'UMP dans les semaines à venir: la bataille du contrôle du parti a bel et bien déjà commencé. Battu par un dissident UMP dans sa circonscription, le tel échec aux législatives d'une ancienne figure du gouvernement Sarkozy peut être interprété comme l'échec de la politique de droitisation entamée par l'ancien président sous les conseils de Patrick Buisson. Ainsi, Alain Juppé réclame un «travail de fond», Fillon un «renouvellement», Xavier Bertrand le retour du «populaire présent dans le terme UMP», tandis que Jean-François Copé, projeté leader implicite, a appelé à «l'unité du parti». Retrouver l'unité, redonner de la fierté aux citoyens et aux militants UMP, ainsi que proposer une alternance constructive «tant sur le plan politique qu'intellectuel», sont les trois devoirs auxquels l'UMP doit désormais s'acquitter, selon François Fillon.

Dans le jeu devenu anodin des mains tendues ou des efforts de différenciation, c'est donc le Front National qui remporte les mises. Avec le vent insufflé aux présidentielles, et ce malgré sa défaite d'une maigre centaine de voix dans le Nord, Marine Le Pen aura permis à son parti son grand retour dans l'hémicycle. Deux députés FN siégeront pendant cinq ans à l'Assemblée: Marion Maréchal-Le Pen ainsi que Gilbert Collard, qui a fièrement renouvelé hier devant les caméras son intention de jouer au «casse-couille démocratique».

Le second tour des élections législatives 2012 marque aussi la chute de nombreuses figures. Outre celles d'Alliot-Marie, Guéant, Morano ou Le Pen, les défaites de Bayrou et de Royal constituent des éléments importants pour le futur équilibre politique en France. Si l'on écarte toute la polémique autour de la «trahison politique» d'Olivier Falorni, dissident socialiste qui a eu raison de Royal avec le «tir de barrage» de l'opposition (élu à 75% avec des voix de droite), qui pour être président de l'Assemblée Nationale désormais? Les candidatures s'enchaînent depuis ce matin. Enfin, François Bayrou, défait dans son propre fief, a annoncé vouloir «changer la forme de son engagement». Quel avenir pour le centre en France?

Une abstention record

Avec 43,71% d'abstention au second tour des élections législatives d'après le Ministère de l'Intérieur, soit un point de plus qu'au premier tour, c'est le nouveau record absolu dans l'histoire de la Vème République.

A Nantes

1ère circonscription: l'écologiste De Rugy élu avec 58,94% des suffrages exprimés. De Rugy fera partie du groupe EELV pouvant se constituer à l'Assemblée Nationale, avec ses 16 autres confrères. Une «grande et belle date» pour les Verts, d'après la secrétaire nationale et Ministre Cécile Duflot. Abstention: 42,95%.

2ème circonscription: la socialiste Clergeau élue avec 62,22% des suffrages exprimés. Abstention: 47,23%.

3ème circonscription: Jean-Marc Ayrault avait été élu dès le premier tour.

4ème circonscription: Le socialiste Raimbourg avait été élu dès le premier tour.

5ème circonscription: Le socialiste Ménard élu avec 60,23% des suffrages exprimés. Abstention: 42,03%.

Source : Timothée Franc, Le Parisien, Ministère de l'Intérieur

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