Le FC Nantes a fumé Bob!

MOP Nantes | Timothée Franc | Moppé le 17/08/2012 à 14:52 | Mis à jour le 29/08/2012 à 18:46
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Non, non, vous n’avez pas fumé la moquette, c’est bien le maître du reggae qui sert la paluche à Henri Michel, capitaine emblématique des Canaris à la fin des années 70. Le 2 Juillet 1980, Bob Marley & the Wailers viennent défier cinq joueurs pros du FC Nantes dans un petit match de 45 minutes. Après tout, Nantais ou Jamaïcains, les couleurs sont bien proches, on est tous un peu jaune et vert.   

Le FC Nantes a fumé Bob!


5 de départ côté jamaïcain : Bob Marley, Al Anderson, Junior Marvin, Carlton Barett et Alan « Skip » Cole.
5 de départ côté nantais : Henri Michel, Loïc Amisse, Gilles Rompillon, Bruno Baronchelli et Jean-Paul Bertrand-Demanes.

L’histoire veut que les protégés de la Jonelière aient pris le match par-dessus la jambe. Une erreur d’appréciation qui leur vaut une punition immédiate : les Wailers touchent au ballon rond et ouvrent le score. Un match serré, où les joueurs du FC Nantes ont dû s’employer et courir après le score, pour finalement l’emporter in extremis. Mordus de football, la bande de Bob Marley avait en effet pour habitude d’organiser d’interminables parties après les concerts, les enregistrements ou les répétitions. En tournée, jouer contre l’équipe pro du coin était presque devenu un rituel. Meilleur ami du roi du reggae, la grand Alan « Skip » Cole a longtemps joué avant-centre dans l’équipe nationale de Jamaïque et reste encore aujourd’hui considéré comme le plus grand joueur des Caraïbes de tous les temps.

Dans la misère sociale des ghettos de Kingston, deux chemins s’offrent aux enfants pour s’en sortir : l’amour du ballon ou la musique. Même s’il a choisi la musique, Bob Marley n’a jamais lâché sa passion pour ce sport qu’il qualifiait d’univers extraordinaire, où les mêmes règles de sélection qui opèrent dans le monde musical font loi : « le football est une aptitude à part entière, un monde à part entière, un univers entier en soi-même, j’aime ça parce que tu as besoin d’être doué pour y jouer, le football, c’est la liberté ! » (1979). D’après les dires des anciennes stars de la Beaujoire, le « Tuff Gong » (surnom de Bob Marley) était doté d’une grosse technique. Rien d’étonnant pour quelqu’un qui admirait le football sud-américain, grand supporter de Pelé et d’Oswaldo Ardilès, l’argentin de Tottenham.  



Jean-Paul Bertrand-Demanes, l’un des cinq joueurs qui a eu la chance d’affronter les Wailers témoigne: «Déjà, rencontrer Bob Marley! C'était quand même une icône! Je me souviens qu'après le match, ils nous avaient offert un disque dédicacé. On est même allé dans le car des Wailers, et il y avait de la fumée... Ce n’était pas de la Gitane mais Bob était super sympa, il jouait pas mal au foot, un vrai amoureux du ballon. Son équipe, c'était pas des charlots, ça jouait! Après le match, on a été aussi invité au concert de Bob à Nantes, c'était un moment inoubliable ».

Pur hasard ou véritable coïncidence, le roi du reggae nous a quittés le 10 Mai 1981, le lendemain de la descente des Canaris en D2. La légende raconte que c’est une blessure à l’orteil mal soignée qui aurait entraîné des complications et sa descente aux enfers, un petit bobo qu’il aurait ramassé… lors d’un match de foot.

Aujourd’hui, la Jamaïque domine toujours un autre univers que le reggae : la galaxie du sprint, à l’image du triplé jaune et vert en finale du 200m aux Jeux Olympiques de Londres. Si on se souviendra toujours de Bob Marley et d’Usain Bolt, nous sommes en droit d'émettre plus de doute quant à la résurrection du jeu à la nantaise.

Source : Divers ouvrages; Timothée Franc

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