Un musée pour l'histoire de l'imprimerie à Nantes

MOP Nantes | Saskia | Moppé le 11/09/2011 à 09:17
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En décembre 1986, le musée municipal de l’imprimerie ouvrait ses portes à Nantes avec pour projet d’être le conservatoire des techniques anciennes et de leurs traditions.

Un musée pour l'histoire de l'imprimerie à Nantes



Quelle idée de faire un musée sur un sujet apparemment aussi rébarbatif !? Quand on entre dans ses murs, on comprend vite que le sujet est passionnant et que l’idée correspondait bien à une nécessité du moment : à cette même époque, en 1986, Nantes fermait des pages essentielles de son histoire, en particulier celle qui concernait les chantiers de construction navale, installés dans l‘île Gloriette depuis le seizième siècle. L’évolution nécessaire d’une grande ville, justifiant de telles fermetures, n’impliquait pas qu’elle en perde la mémoire : tout au contraire, ce qui avait contribué à sa grandeur méritait d’être transmis aux générations suivantes. Cette conviction était partagée par deux passionnés, Sylvain Chiffoleau maître-imprimeur et Robert Colombeau compositeur typographe : comment garder vivantes des techniques désormais obsolètes mais révolutionnaires à leur époque ? Comment sauver de la casse de superbes machines qui fonctionnaient encore parfaitement ? Comment se souvenir de ces outils qui furent durant cinq cent ans, le meilleur moyen de communication entre les hommes ? Soutenus par trois municipalités successives, Chiffoleau et Colombeau n’eurent de cesse de réaliser leur projet : ouvrir à Nantes un musée de l’imprimerie.

Petite histoire de l’imprimerie nantaise

C’est Gutenberg qui vers 1440, répandit en Europe la composition typographique, c’est à dire la technique qui consiste à former, au moyen de caractères mobiles, des mots, des lignes et des pages, puis d’encrer ces pages, de les passer sous presse et de les décalquer sur du papier. Durant près de cinq siècles, les techniques d'imprimerie basées sur la typographie évoluent peu; il faut attendre les années soixante pour que la photographie puis l’ordinateur prennent le relais des caractères mobiles. 

1488 : alors que Charles VIII, roi de France, autorise les imprimeurs à se placer sous le patronage de Saint Jean, la composition typographique est inconnue à Nantes. Mais Nantes héberge un libraire, maitre Guillaume Tousé, activement occupé à vendre ses livres dans toute la Bretagne. Où s’adresse-t-il pour les faire imprimer ? A Venise ! Il faut que cela change !
1493 : on considère que le premier imprimeur à tenir boutique à Nantes fut Étienne Larcher (il n’était pas nantais) et que « Les Lunettes des Princes » du poète Jean Meschinot fut sa première impression.
Cinq siècles plus tard, les techniques d’imprimerie n’ont guère évolué, on imprime toujours à Nantes à l’aide de caractères mobiles même si les machines ont été perfectionnées et automatisées.
1960-1970 : La photocomposition remplace la typographie, le texte n’est plus reproduit au moyen de l’assemblage de caractères en plomb mais par une technique photographique.
1970 : L'infographie entre en scène, elle reproduit textes et images à l’aide d’un ordinateur. 

Ces belles machines d’autrefois
aussi neuves qu’au premier jour.


« …en caractères perméables,
ainsi les hommes admirables
ont leur nom gravé sur un mur. »
René Char

Juste quelques échappées sur quelques merveilles...



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Les photos de l'article ont aimablement été prêtées par la photothèque du musée. Figure 1 : la taille-douce

La taille-douce

C’est une impression en creux alors que la typographie utilise l’impression en relief. L’imprimeur grave la page à tirer sur une plaque de cuivre sur laquelle il passe un rouleau encreur. La plaque d’impression est essuyée pour ne laisser l’encre que dans les creux puis le texte ou les dessins sont transférés sur le papier au moyen d’une presse. Les dessins reproduits selon cette technique sont appelés estampes.

La typographie

Le texte est composé avec des lettres séparées, il est mis en forme, puis sous presse pour y être imprimé.
Les premières presses impriment entre deux surfaces planes. Un mouvement horizontal de la machine met en place la forme à imprimer (texte, dessin, etc.). L’encrage de cette forme se fait avec des balles, tampons d’étoupe recouverts de peau fine que l’on imprègne d’une encre pâteuse, puis un bras vertical fait descendre sur cette forme, la platine qui donne la pression nécessaire à l’impression et permet le décalque de la forme sur le papier.


La presse à cylindre 

C’est la vedette de l’atelier du musée à cause de sa taille, de sa beauté. Les jeunes repartent avec l’affiche qui vient d’y être imprimée.

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Figure 2 : la presse à cylindre

Hortense (7ans) : Comment il a fait l’inventeur de la machine pour inventer tout çà et que çà marche ?


Réponse au Musée de l’imprimerie de Nantes
Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30

24 quai de la Fosse, 44000 Nantes
Tél :02 40 73 26 55 ; fax 02 40 73 26 85
info(at)musee-imprimerie.com

Plus d'informations sur le site du Musée de l'imprimerie de Nantes.

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Le manque de place du musée laisse dans ses caves de nombreuses merveilles, même si les conservateurs veillent à une rotation qui leur assure ponctuellement une place en vitrine. Le musée actuel fait 700 m2, pour atteindre ses objectifs il lui en faudrait 4 000. Le maire de Nantes a donné son accord mais le déménagement ne semble plus être d’actualité pour le mandat en cours.











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