Les soldes à Nantes, c'est parti!

MOP Nantes | Timothée Franc | Moppé le 28/06/2012 à 18:01 | Mis à jour le 29/06/2012 à 16:46
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Hier à Nantes et partout en France, le coup de feu pour le départ des soldes d'été a été donné. Pendant cinq semaines au moins, la ville va pouvoir faire ses emplettes à prix réduit, pour compléter une garde de robe déjà bien remplie ou s'armer de la panoplie parfaite pour déambuler sous le soleil nantais.

Les soldes à Nantes, c'est parti!


«Il faut avoir l'oeil partout, les clients sont bien plus agités et le magasin est sans cesse mouvementé». Étudiant de seconde en baccalauréat pro-vente, Léandre goûte à la folie des soldes à l'occasion de sa troisième semaine de stage chez Teddy Smith. Les articles glissent de tous les cintres, les cabines d'essayages sont bondées et «il ne faut pas lâcher une seule seconde». Nantes ne fait pas figure d'exception pour les turbulences des soldes: dès le premier jour, les rues commerçantes se sont remplies sous la chaleur pesante. «C'est l'occasion de se faire plaisir, de dénicher des bonnes affaires qui serviront soit dès demain, soit pour plus tard», me confie une cliente au magasin Springfield, place Royale. Les soldes ont commencé une semaine plus tôt que la précédente édition. Elles s'étaleront au moins sur une durée de cinq semaines, car de nombreux magasins vont pratiquer ce qu'on appelle des «soldes flottantes», c'est-à-dire une semaine de promotions supplémentaires après la clôture officielle des soldes d'été. Cela leur est permis grâce aux exceptions du droit commercial, qui leur autorise deux semaines de réductions dans l'année civile, souvent utilisées à l'occasion des deux sessions de soldes.

«Un poissonnier en soldes»

Alors oui, je me suis bien sûr fait la réflexion: les gens n'ont pas envie de culpabiliser lors de ces grandes messes de la consommation. Mais en remontant la rue Crébillon, malgré moi, je suis tombé nez à nez avec ce qui doit faire tomber les clients de leur heureux nuage consumériste. Serge dort dans la rue depuis désormais une semaine. Dans la région toulousaine, il était égayer dans un grand magasin mais son patron véreux l'exploitait pour quelque 240 heures par mois, rémunérées 600 euros. La semaine des fêtes de fin d'année, il avait réalisé un chiffre d'affaires de 55 000 euros, dont il n'avait hélas pas vu la couleur. Serge a porté plainte et a gagné son procès aux Prud'hommes, obtenant une somme de dommage-intérêts suffisante pour poursuivre sa vie. D'étranges représailles dans Toulouse n'ont pas tardé. Après un séjour de cinq jour à l'hôpital, contraint de déménager, le voilà fraîchement arrivé dans la région de Nantes. Sans domicile et sans ressource d'ici le versement de sa somme gagnée lors du procès, il ne peut être embauché nul part. Pourtant, il m'a confié que la Taverne du Maître Kanter ou même le luxueux restaurant la Cigale étaient prêts à l'embaucher sans attendre s'il disposait d'un domicile fixe. En attendant, il lui reste trois semaines à tenir dans le lit dans la rue. Sur deux cartons reposant sur ses genoux, il y avait marqué au feutre noir: «expérience de 15 ans, poissonnier en soldes».

Source : Timothée Franc

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