Energie : les scénarios de l’AIE pour sortir des fossiles

Le débat public sur l’énergie se concentre aujourd’hui sur la fin des énergies fossiles, et les choix d’investissement qui s’imposent. L’Agence internationale de l’énergie propose des scénarios contrastés pour orienter la décarbonation du système énergétique mondial.

Ces scénarios opposent une trajectoire d’investissements actuelle et une trajectoire compatible avec la neutralité carbone et l’objectif de 1,5°C. La synthèse de ces travaux conduit directement aux éléments essentiels à retenir pour l’action publique et privée.

A retenir :

  • Arrêt des nouveaux projets d’exploration pétrolière à l’échelle mondiale
  • Réorientation des capitaux vers les énergies renouvelables et l’efficacité
  • Réduction rapide des investissements dans le gaz fossile
  • Renforcement des infrastructures basse carbone et des capacités d’absorption

Scénarios AIE pour le pétrole et implications pour 1,5°C

Face aux éléments à retenir, le pétrole apparaît comme un point central des scénarios étudiés par l’AIE. Selon l’AIE, la demande pétrolière atteint un sommet vers 2030 dans le scénario des politiques actuelles, puis se maintient. Cette analyse ouvre la question du gaz et de son rôle futur dans le mix énergétique mondial.

Pétrole et transports, contraintes opérationnelles et solutions

Le lien entre pétrole et transports explique la part majoritaire de la demande actuelle pour les carburants routiers. Sur dix barils produits, un peu plus de cinq servent au transport terrestre et routier selon les synthèses publiées par l’AIE. Cela complique la décarbonation, car les alternatives demandent des changements d’infrastructures et comportent des coûts élevés.

Usage Barils sur 10 Commentaire
Transports terrestres et routiers Un peu plus de 5 Part majoritaire liée aux déplacements et transports lourds
Pétrochimie 2,5 Matière première pour plastiques et fertilisants
Chauffage et industrie ≈2,5 Usages résiduels et industriels souvent difficiles à substituer
Autres usages Quotient résiduel Consommations diverses et locales

STEPS contre NZE, conséquences pour les investissements

La comparaison des scénarios montre l’écart entre maintien des investissements et effort radical pour la décarbonation. Selon l’AIE, dans le scénario STEPS la demande plafonne après 2030 et reste élevée jusqu’en 2050, alors que le scénario NZE impose l’arrêt des nouveaux champs. Ce constat conduit naturellement à interroger le rôle du gaz dans la trajectoire basse carbone.

« J’ai constaté en tant que directeur d’investissement que les projets gaziers ont continué d’attirer des capitaux après 2022. »

Jean N.

Rôle du gaz fossile et limites selon l’AIE

La question du gaz suit directement l’examen du pétrole et de ses usages pour le transport et l’électricité. Selon l’AIE, il n’y a que peu ou pas de place pour le gaz fossile comme carburant de passage si l’on vise la neutralité carbone. La suite porte sur les arbitrages d’investissement et les alternatives bas carbone possibles pour l’ensemble du système.

Gaz et électricité, part dans la production et enjeux

Le gaz représente encore une part substantielle de la production électrique mondiale en 2022, selon les synthèses de l’AIE. Selon l’AIE, ce quota était d’environ un tiers pour la génération électrique en 2022 et il a fait l’objet d’investissements massifs. Réduire cette part exige une montée rapide des énergies renouvelables et des systèmes de stockage robustes.

Mesures prioritaires énergie :

  • Renforcement des réseaux électriques intelligents
  • Soutien massif aux renouvelables déployables rapidement
  • Développement du stockage longue durée et hydrogène
  • Réduction progressive des nouvelles capacités fossiles

Gaz et industries lourdes, substitutions et technologies

L’industrie lourde pose des défis spécifiques pour la réduction des émissions liées au gaz, et nécessite des réponses techniques. Selon l’AIE, ces usages restent difficiles à substituer et nécessitent des solutions technologiques et des investissements ciblés. Les options incluent l’hydrogène bas carbone et la capture et stockage du carbone pour certains sites industriels.

Usage Part en 2022 Observations
Électricité ≈33% Part significative en 2022, source AIE
Chauffage des bâtiments ≈20% Usage important, substitution progressive nécessaire
Industrie Variable Usages difficiles à réduire sans technologies spécifiques
Hydrogène Émergent Nouveau usage potentiel, besoins d’investissement

« Le changement a permis une réaffectation des compétences locales vers les énergies propres. »

Sophie N.

Arbitrages d’investissement pour sortir des fossiles et soutenir la décarbonation

Après l’examen du gaz, l’enjeu financier devient central pour orienter le futur énergétique et les capitaux privés. Selon l’AIE, il faut stopper les investissements nouveaux et rediriger les capitaux vers la décarbonation et les projets de résilience. La discussion suivante présente des retours d’expérience et des choix concrets pour agir au niveau des portefeuilles.

Financement, désinvestissement et instruments publics

Le financement est l’outil principal pour rendre effective la réduction des émissions et l’ajustement des capacités. Certaines institutions ont commencé à désinvestir du charbon, mais le pétrole et le gaz restent attractifs pour beaucoup d’acteurs économiques. Des mécanismes publics et privés sont nécessaires pour accélérer le mouvement et soutenir les projets bas carbone.

« J’ai dirigé une équipe d’investissement qui a réorienté son portefeuille vers les renouvelables. »

Marc N.

Principes d’investissement prioritaires :

  • Priorité au financement de projets d’énergies renouvelables matures
  • Conditions claires pour les projets bas carbone innovants
  • Mesures de soutien aux communautés affectées par les fermetures
  • Transparence des risques climatiques dans les bilans

Cas pratiques, études et avis d’acteurs

Les cas pratiques montrent comment des entreprises réalignent leurs portefeuilles énergétiques et gèrent la reconversion des actifs. Un grand producteur européen a gelé de nouveaux forages après l’analyse de scénarios compatibles avec 1,5°C, illustrant la pression financière sur les projets fossiles. Ces décisions montrent l’impact financier des choix de long terme et les coûts de l’inaction pour les économies locales.

« La décision a protégé nos salariés et permis des reconversions productives locales. »

Lucie N.

« Il n’y a pas de place pour de nouveaux champs fossiles si l’on vise la neutralité carbone. »

Paul N.

Source : International Energy Agency, « The Oil and Gas Industry in Net Zero Transitions », IEA, November 2023 ; International Energy Agency, « World Energy Outlook 2021 », IEA, 2021.

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