Autoradios menacés : la disparition de la radio dans les voitures inquiète l’Arcom et le secteur

La radio pourrait bientôt ne plus être un réflexe au volant. Dans plusieurs modèles récents, les autoradios traditionnels disparaissent progressivement.

Cette évolution, portée par la digitalisation des véhicules, alarme l’Arcom et l’ensemble du secteur. L’enjeu dépasse le confort : il touche à l’accès à l’information, à la sécurité et à la diversité culturelle.

À retenir

  • La disparition des autoradios réduit l’accès direct à la radio en voiture, qui représente 30 % de l’écoute mobile.
  • La fin programmée de la FM d’ici 2033 impose une transition rapide vers le DAB+.
  • L’Arcom souhaite rendre obligatoire un tuner radio numérique dans les véhicules neufs.

La disparition des autoradios dans les voitures neuves s’accélère

Les constructeurs automobiles modifient rapidement leurs équipements. Sur certains modèles d’entrée de gamme, l’autoradio physique n’est plus installé. À la place, un écran tactile central permet de connecter un smartphone via Android Auto ou Apple CarPlay.

Selon les industriels, cette évolution répond à deux objectifs. D’abord, réduire les coûts de fabrication. Ensuite, limiter les distractions au volant grâce à une interface unique et simplifiée.

Mais cette transformation change profondément les usages. La radio n’est plus accessible en un bouton. Elle dépend désormais d’une application ou d’une connexion internet.

Selon l’Arcom, cette situation pose un risque majeur : la perte d’un accès direct et universel à la radio en mobilité.

Radio en voiture : un pilier d’écoute menacé

La voiture reste un espace stratégique pour les stations. Près de 30 % de l’écoute radio se fait en mobilité, principalement sur les trajets domicile-travail.

Selon les données du secteur, la radio conserve plusieurs atouts uniques :

  • Gratuité totale
  • Accès immédiat sans connexion
  • Information locale et trafic en temps réel
  • Alertes en cas de situation d’urgence

Si l’accès devient dépendant d’applications ou de plateformes, l’écoute pourrait chuter. Les stations craignent aussi une perte de visibilité face aux services de streaming ou aux contenus audio à la demande.

Le risque d’un contrôle par les intermédiaires numériques

La disparition des tuners radio pose un autre problème, plus structurel. Sans réception directe, l’accès aux stations passe par des interfaces contrôlées par des constructeurs ou des plateformes.

Selon l’Arcom, ce modèle pourrait permettre à des intermédiaires de sélectionner ou de prioriser certaines radios. Le principe historique de neutralité d’accès serait alors remis en question.

L’enjeu est comparable à celui des smartphones ou des assistants vocaux : la visibilité dépend de l’algorithme ou de l’accord commercial.

Cette évolution inquiète particulièrement les radios locales et indépendantes.

La fin programmée de la FM d’ici 2033 accélère la transition

Parallèlement, la France prépare l’abandon progressif de la bande FM. L’objectif est de basculer vers le DAB+, la radio numérique terrestre.

La transition devrait s’intensifier à partir de 2027, pour une extinction complète autour de 2033.

Conséquence directe :
Les véhicules équipés uniquement d’un tuner FM, notamment ceux produits avant 2020, risquent de devenir incompatibles avec la diffusion future.

Selon le président de l’Arcom, Martin Ajdari, certains constructeurs envisagent même de supprimer totalement les récepteurs radio, qu’ils soient FM ou DAB+. Une perspective jugée préoccupante pour l’accès universel à l’information.

Sécurité et information : des enjeux au-delà du divertissement

La radio joue un rôle essentiel en situation de crise. En cas d’accident majeur, d’événement climatique ou d’alerte de sécurité, elle reste l’un des moyens les plus fiables pour diffuser des informations rapidement.

Des débats similaires ont déjà émergé en Italie et aux États-Unis. Les autorités y ont souligné le risque de dépendance aux réseaux mobiles, qui peuvent être saturés ou indisponibles lors d’événements exceptionnels.

L’enjeu est donc aussi celui de la résilience des systèmes d’information.

Vers une obligation du tuner DAB+ dans les voitures neuves ?

Face à ces risques, plusieurs initiatives législatives sont à l’étude en France. L’une des pistes consiste à rendre obligatoire l’intégration d’un tuner radio numérique DAB+ dans tous les véhicules neufs.

L’objectif est clair : garantir un accès simple, gratuit et universel à la radio, indépendamment des plateformes privées.

Le secteur automobile, de son côté, privilégie une approche centrée sur les services connectés. Le bras de fer entre logique industrielle et intérêt général ne fait sans doute que commencer.

Tableau : évolution de l’accès à la radio en voiture

PériodeTechnologie dominanteMode d’accès
Avant 2020FMAutoradio physique
2020–2027FM + DAB+Autoradio ou écran connecté
2027–2033DAB+Autoradio numérique ou application
Après 2033DAB+ / streamingAccès numérique ou connecté

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