Agriculture : INRAE et les nouvelles variétés résistantes à la sécheresse

Une petite brume d’automne coiffe les rangs de vigne au petit matin dans plusieurs régions viticoles. À Colmar comme à Bordeaux, vendangeurs et vendangeuses s’affairent, animés par un sentiment collectif de réussite et d’effort partagé. Le collectif INRAE «Vignes résistantes» reçoit un Laurier Impact qui souligne un travail long et concerté.

Face au mildiou, à l’oïdium et à la sécheresse, la recherche agronomique a repositionné ses priorités vers des solutions durables. La sélection végétale et l’innovation agricole visent à proposer des variétés résistantes adaptées aux terroirs et aux pratiques locales. Cet élan oriente les débats vers des mesures concrètes et prépare la lecture synthétique qui suit.

A retenir :

  • Réduction drastique des fongicides bénéfices environnementaux et sanitaires
  • Sélection assistée par marqueurs accélération des cycles de sélection
  • Déploiement suivi via réseau OSCAR observation multisite et participatif
  • Adaptation des cultures à la sécheresse maintien de la qualité

Sélection végétale et innovation face à la sécheresse

Portant les bénéfices mis en avant, la sélection végétale concentre aujourd’hui des efforts sur des mécanismes génétiques ciblés. Les équipes privilégient l’association de facteurs multiples de résistance et l’utilisation de marqueurs pour un tri précoce des plantules. Ces approches conditionnent ensuite les modalités du déploiement pratique et farm-level adaptatif.

Éléments de sélection :

  • Tri génétique dès le stade plantule pour accélérer les tests de résistance
  • Combinaison de gènes issus de Vitis rotundifolia et d’hybrides interspécifiques
  • Bioessais contrôlés en serre pour caractériser les réponses au mildiou

Techniques de sélection et marqueurs génétiques

Ce H3 précise comment la sélection assistée par marqueurs accélère les choix variétaux en conditions contrôlées. La sélection précoce permet un tri massif de plantules selon des marqueurs liés aux résistances connues. Selon INRAE, ce tri diminue le temps nécessaire à l’évaluation et réduit les coûts expérimentaux.

Étape Entrée Sortie
Semis 1 000 pépins 500 plantules (germination ~50%)
Sélection précoce 500 plantules 50 variétés candidates
Sélection intermédiaire 50 candidates 10 variétés évaluées en final
Évaluation finale 10 variétés inscription au catalogue potentiel

Sources génétiques et diversité mobilisée

Ce H3 explique l’origine des ressources de résistance utilisées par le collectif et ses partenaires européens. Les lignées françaises issues de travaux d’Alain Bouquet et des hybrides d’origine américaine et asiatique ont servi de base. Selon l’Institut fédéral Julius Kühn et Agroscope, ces sources offrent une diversité utile face aux pressions pathogènes.

«J’ai travaillé vingt ans sur ces croisements et je constate aujourd’hui des résultats tangibles sur le terrain.»

François D.

Déploiement et impacts agronomiques des variétés résistantes

Portant l’innovation vers la parcelle, le déploiement se fonde sur des expérimentations multisites et un suivi participatif. Des dispositifs comme ResIntBio ont comparé systèmes résistants, biologiques et conventionnels sur le même domaine expérimental. Ces comparaisons éclairent les ajustements nécessaires pour que la durabilité accompagne la productivité.

Conséquences pour producteurs :

  • Baisse nette des IFT et des applications fongicides sur années favorables
  • Réduction des risques sanitaires pour travailleurs et voisinage
  • Adaptation des itinéraires techniques et des pratiques de vendange

Résultats agronomiques et économiques

Ce H3 expose les mesures collectées par les réseaux et les unités d’expérimentation régionales. Selon ResIntBio, l’utilisation de variétés résistantes a permis une réduction de l’indice de fréquence de traitement supérieure à quatre-vingt-dix pour cent. Selon OSCAR, le réseau de parcelles permet de surveiller l’évolution des populations de Plasmopara et d’Erysiphe à l’échelle paysagère.

Indicateur Valeur Source
Surface viticole France 796 000 ha Statistiques agronomiques 2020
Surfaces variétés résistantes 1 200 ha Données 2021
Surfaces INRAE-ResDur 550 ha Données 2021
Réduction IFT ≈90% en expérimentation ResIntBio

Acceptation sociale et risques commerciaux

Ce H3 aborde la perception des viticulteurs et la gestion des risques liés à la typicité des vins. Selon François Hochereau, l’acceptation dépend fortement du contexte sociogéographique et des attentes des appellations. Les craintes autour de la perte d’identité commerciale incitent à des essais prudents et à l’accompagnement technique.

«J’ai planté ces cépages pour réduire les traitements et j’ai observé une nette baisse des fongicides sur mes parcelles.»

Anne V.

Perspectives de recherche et adaptation au changement climatique

À la faveur des premières implantations, la recherche priorise le suivi en temps réel des populations pathogènes et l’identification des gènes d’avirulence. L’objectif est d’anticiper les capacités d’adaptation des champignons et de préserver l’efficacité des résistances sur le long terme. Ce travail nécessite de nouveaux outils rapides et un partage régulier des données entre partenaires.

Axes prioritaires de recherche :

  • Renforcement du suivi multi-site des souches de mildiou et d’oïdium
  • Identification rapide des gènes d’avirulence et adaptation moléculaire
  • Développement d’itinéraires culturaux complémentaires à la résistance variétale

Suivi des pathogènes et outils génétiques rapides

Ce H3 détaille les méthodes pour détecter l’émergence d’adaptations chez les agents pathogènes. L’identification des gènes cibles permet des tests rapides et un pilotage adaptatif des pratiques culturales. Selon INRAE, ces outils participent d’une gestion proactive favorisant la durabilité.

«L’enjeu est de préserver l’efficacité des résistances sur le long terme sans compromettre la productivité.»

Didier M.

Pratiques culturales et mesures prophylactiques complémentaires

Ce H3 rappelle que la résistance variétale n’exclut pas des mesures prophylactiques ciblées au vignoble. Une protection chimique minimale reste recommandée lors d’épisodes à risque élevé pour éviter la rupture de l’efficacité génétique. Des partenariats avec l’IFV et les chambres d’agriculture facilitent l’adoption de ces pratiques.

«Les retours terrain montrent que l’accompagnement technique est déterminant pour réussir l’adoption de ces cépages.»

Laurent D.

Source : François Hochereau, « L’évolution du rapport au risque par l’adoption de variétés résistantes en viticulture », Vignes et vignerons, 2023.

Suivez Le journal de la finance sur Google Actualités :

Laisser un commentaire