L’automobile européenne a franchi un seuil symbolique fin 2025. Près d’une voiture neuve sur dix vendue en Europe provient désormais d’un constructeur chinois.
En décembre, leur part de marché a atteint 9,5 %, un record absolu selon Dataforce. Cette progression rapide illustre un basculement industriel majeur, longtemps jugé improbable par les acteurs historiques.
A retenir :
- 9,5 % de parts de marché en décembre 2025
- 810 000 véhicules chinois vendus en Europe sur l’année
- Une domination portée par l’électrique et l’hybride
Une croissance accélérée tout au long de l’année 2025
Sur l’ensemble de 2025, les marques chinoises ont écoulé environ 810 000 véhicules, soit 6,1 % du marché européen total. La dynamique est encore plus marquée sur les motorisations électrifiées. Un véhicule électrifié sur neuf vendu en Europe est désormais chinois, et même un sur six en décembre.
Selon les chiffres consolidés du secteur, cette montée en puissance repose sur des prix agressifs, des délais de livraison courts et une gamme électrique déjà mature. Selon plusieurs analystes, l’écart technologique perçu il y a encore cinq ans s’est largement réduit, notamment sur les batteries et les logiciels embarqués.
BYD, MG et Chery : le trio qui tire l’offensive
Trois constructeurs concentrent à eux seuls plus de 83 % des ventes chinoises en Europe. BYD, MG et Chery imposent leur rythme.
MG s’impose comme la marque chinoise la plus diffusée avec 225 783 unités vendues en neuf mois, grâce à une offre thermique et électrique large. BYD enregistre une hausse spectaculaire de 308 %, portée par ses modèles électriques et hybrides rechargeables. Chery, encore discret il y a deux ans, affiche une croissance impressionnante de +862 %, signe d’un rattrapage rapide.
« Les constructeurs chinois ne testent plus l’Europe, ils s’y installent durablement. »
Des conséquences directes pour l’industrie automobile européenne
Cette progression rapide fragilise un marché déjà sous tension. La pression sur les prix s’accentue, notamment sur les segments compacts et électriques. Les constructeurs européens doivent composer avec des marges réduites et une concurrence capable d’absorber des coûts plus faibles.
Selon plusieurs observateurs, cette situation accélère les restructurations industrielles. Les groupes historiques réévaluent leurs plateformes électriques, leurs stratégies d’approvisionnement et leurs implantations industrielles. L’Europe, longtemps exportatrice de modèles premium, devient un terrain de conquête.
Une offensive chinoise appelée à durer en 2026
Les perspectives pour 2026 confirment cette tendance. Les analystes anticipent une part de marché proche de 10 % sur l’année complète. La surproduction du marché chinois pousse les groupes à intensifier leurs exportations, tandis que l’ancrage industriel européen se renforce.
BYD prévoit une hausse de 25 % de ses livraisons hors Chine et investit dans une usine en Hongrie. En réaction, les constructeurs européens s’adaptent. Stellantis a annoncé la production de modèles Leapmotor en Espagne, illustrant une stratégie de coopération plutôt que d’affrontement frontal.